Réunies le samedi 23 mai 2026 au Bénin Royal Hôtel de Cotonou, les sages-femmes venues des douze départements du pays ont dressé un état des lieux préoccupant de la santé maternelle au Bénin.
À l’occasion du Forum National des Sages-femmes du Bénin (FoNaSFeB), les participantes ont plaidé pour une amélioration des conditions de travail et un renforcement des effectifs afin de réduire la mortalité maternelle.
Un forum national pour améliorer la santé maternelle
Placée sous le thème international « Un million de sages-femmes de plus : accélérer l’accès aux soins de santé maternelle de qualité au Bénin », l’édition 2026 du FoNaSFeB a mobilisé près d’une centaine de professionnelles de santé ainsi que plusieurs partenaires du secteur sanitaire communautaire. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des sages-femmes, célébrée chaque année le 5 mai.
Les échanges ont porté sur les défis liés à l’accès aux soins maternels, la qualité des prestations offertes aux femmes enceintes ainsi que les difficultés rencontrées dans l’exercice de la profession.
Des conditions de travail au cœur des préoccupations
Selon Nafissathou Hounkpatin, présidente du comité d’organisation, les discussions ont essentiellement porté sur les moyens d’améliorer les services de santé maternelle tout en garantissant le bien-être des sages-femmes. « Toutes les sessions que nous avons eues depuis le matin tournaient autour de comment améliorer la qualité des services offerts aux femmes, mais aussi les conditions de travail des sages-femmes et leur bien-être dans le processus de recrutement et de renforcement des ressources humaines », a-t-elle expliqué.
Elle a également annoncé l’introduction, cette année, d’une cérémonie de distinctions honorifiques destinée à récompenser certaines sages-femmes pour leur engagement au sein du système de santé béninois.
Une mortalité maternelle encore élevée au Bénin
La présidente de l’Association des Sages-femmes du Bénin, Laurence Monteiro, a rappelé les enjeux sanitaires qui justifient l’organisation de ce forum national. Elle a souligné le rôle crucial des sages-femmes dans l’accompagnement des femmes, de la grossesse jusqu’aux semaines suivant l’accouchement. Au Bénin, les chiffres demeurent préoccupants. « Au Bénin, c’est 391 décès pour 100 000 naissances. C’est très élevé », a-t-elle alerté. Elle a également évoqué plusieurs difficultés structurelles qui fragilisent le secteur, notamment la fuite des compétences et le manque de reconnaissance professionnelle. « Les sages-femmes ont profité pour évoquer les difficultés qu’elles rencontrent dans l’exercice de leurs fonctions. Il y a la fuite des cerveaux à cause de multiples réformes et plusieurs problèmes au niveau des associations. Les pays africains, surtout francophones, doivent investir massivement dans les sages-femmes et procéder à leur reconnaissance », a-t-elle insisté.
Un appel à des réformes pour renforcer la profession
Pour Esther Adjovi, participante au forum, les recommandations issues des différents panels doivent désormais déboucher sur des actions concrètes afin d’améliorer durablement la santé maternelle et infantile au Bénin.
« Il y a encore beaucoup de choses à corriger dans l’exercice de notre métier. Après les échanges d’aujourd’hui, il sera nécessaire de prendre en compte tout ce qui a été dit afin d’améliorer de façon positive la santé maternelle et infantile en République du Bénin », a-t-elle conclu.
À travers cette rencontre nationale, les sages-femmes béninoises espèrent ainsi attirer davantage l’attention des autorités sur l’urgence d’investir dans ce corps de métier essentiel à la réduction de la mortalité maternelle et néonatale.
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